Lorsque le pilote de l’avion a annoncé qu’il faisait 25 degrés sur l’île, nous sommes allées aux toilettes retirer nos collants. Ca sentait bon les vacances.
En arrivant, nous sommes allé chercher la voiture de location réservée. Dans un souci pratique et même si je n’aime pas tout ce béton, j’avais pris un hôtel dans le Sud pas très loin de l’aéroport. Le Nord est plus sympa typique mais je n’avais pas envie de faire des tas de kilomètres.
L’hôtel semblait sympa. Nadine qui se débrouille bien en anglais a insisté auprès du réceptionniste pour avoir un grand lit. J’étais un peu gênée. Géne qu’elle balaya d’un revers de la main.
-Ils en voient tellement qu’il ne faut pas se choquer.
Effectivement, il y avait un grand lit à l’américaine. Du genre à dormir à deux sans s’effleurer.
Nadine m’avait dit qu’elle avait une surprise pour moi. Je la vis lorsqu’elle se déshabilla car elle avait finalement retirer l’horrible anneau de son nombril pour un bijou plus élégant (un peu comme celui de la photo).
-C’est cicatrisé. En rentrant, je retirerai la chaîne pour ne garder que le piercing.
J’en vins à regretter de ne pas avoir pris le papillon que j’ai retiré parce qu’il déchirait mes collants.
Nous avions de notre chambre une vue sur la piscine passablement déserte. Nadine ouvrit sa valise pour y chercher un maillot de bain.
-Je vois que tu ne perds pas de temps !
-C’est les vacances et j’ai envie d’en profiter à fond. Je fis de même en mettant le mien. J’étais toujours réticente à l’idée qu’on voie que nous avons le même tatouage.
-Il va finir que tu finisses par assumer. Où alors, tu as honte de moi ? De toute façon, deux nanas ensemble ça peut faire fantasmer.
-Tu as raison. Et puis, je m’en fous.
Je pris néanmoins un chemisier pour traverser l’hôtel.
Nous nous sommes installées avec nos serviettes et la crème solaire au bord de la piscine. L’air était doux et nous changeait de la grisaille parisienne.
En regardant les différentes personnes allongées Nadine me dit :
-Tu n’as plus de craintes à avoir nous ne sommes pas les seules.
-Comment ça ?
-Regarde les filles là bas. Je te parie tous les verres de la semaine qu’elles sont aussi amoureuses que nous ! Viens on va se baigner.
Je ne sais pas plonger, je rejoignis donc Nadine qui avait piqué la tête la première. L’eau était bonne et agréable. Lorsqu’elle vit que les deux filles s’apprêtaient à venir dans la piscine, Nadine me dit :
-Tu voies elles nous ont repérées aussi.
Elles ont finies par s’adresser à nous en espagnol. Comme je baragouine, j’ai répondu en anglais que nous étions françaises. Elles nous ont dit qu’elles étaient intriguées par le bas de notre dos. Nous avons expliqué que c’étaient nos prénoms en chinois. L’une me dit :
-Le cœur, c’est pour l’amour ?
J’ai confirmé. Elles nous ont proposé de sortir de la piscine pour discuter. Nous nous sommes séchées et allongées sur nos chaises. Elles nous ont expliquées qu’elles étaient en voyage de noce car elles venaient de se marier. Nadine et moi en furent assez stupéfaites. Elles nous montrèrent leurs alliances en nous faisant remarquer que nous en avions aussi. J’indiquai que ce n’était qu’un symbole. Elles nous ont expliqué qu’elles étaient de droite et catholiques mais votaient à gauche pour la remercier de pouvoir être ensemble. Me dire ça à moi, athée et à moitié anarchiste n’était que pour me plaire. Elles semblaient très heureuses et je sentis dans le regard de Nadine un peu de jalousie. Dommage que notre pays coincé et notre nain politique ne nous permettent pas d’en faire autant car je pense que j’aurai sauté le pas du mariage.
Angelica et Victoria (c’étaient leurs prénoms) prirent congé en nous demandant si nous voulions dîner ensemble au restaurant de l’hôtel. J’interrogeai Nadine du regard. Je compris qu’elle n’avait rien contre. Elle me prit ensuite à part.
-Béa, pas de blague. Pas de plan drague.
-Tu rigoles, elles sont tellement amoureuses que l’idée ne me traverse même pas l’esprit. Et, rappelle toi, j’ai promis d’être sage.
B,
(La suite sera pour demain)